ACCUEIL | LE NORD ET UN PEU DE BELGIQUE | EXPOSITION INTERNATIONALE DE LILLE (1920)

 

 

 

 

 

 

 

affiche de l'exposition

 

 

 

La Grande Guerre se termine le 11 novembre 1918. Dès 1919, la ville de Lille prépare une grande "Exposition Internationale". Elle se déroulera sur l'esplanade du champ de Mars de juin à octobre 1920. Bien sûr, nous ne sommes pas à Paris, mais cet événement modeste "pour la renaissance du Nord de la France" donnera un peu de baume au cœur aux habitants de Lille et des environs. On assistera plutôt à une grande fête...

 

 

publicité de 1919

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Lydéric et Phinaert, les “bons géants lillois” ont présidé à l’Inauguration de l’Exposition de Lille

 

Impassibles et graves, un peu distants comme il convient à des géants qui, du haut de leur grandeur, contemplent les pygmées que nous sommes, Lydéric et Phinaert ont présidé aux fêtes de l’inauguration de l’Exposition de Lille.

La cérémonie de leur "installation", dans ces lieux riants du "Village flamand", a été particulièrement brillante ; reçus, en grande pompe, par les organisateurs et la municipalité de Lille, ils furent, dès lors, très visités, très entourés, et maints chansonniers fameux de chez nous vinrent les saluer de leurs couplets et de leurs "pasquilles". En cette occasion, l’un d’eux, le bon élève de Desrousseaux, M. Auguste Labbe, dit César Latulupe, composa, en leur honneur, une truculente et très spirituelle farce, la "Saint-Lundi", qui, dans le décor familier, et très couleur locale, du Village flamand, fut interprétée avec art, humour et sincérité par les membres du "Caveau Lillois".

 

Voici l’intrigue de cette petite œuvre, écrite en patois de notre terroir :

Saint-Lundi, en l’occurrence un joyeux compagnon, ouvrier fêtard, se livre, dans la salle du cabaret flamand, à de copieuses libations. Survient M. Prudhomme, qui, toujours plus bourgeois que jamais, manifeste son dégoût pour ces beuveries du lundi ; Saint-Lundi proteste et le colloque devient amer entre les deux antagonistes. Arrivent alors les "flics" qui, nonobstant les circonstances, subséquemment, arrêtent le trop bruyant ouvrier sous les yeux satisfaits de M. Joseph Prudhomme, Mais parmi les convives se trouve un vieux Lillois, le chansonnier Auguste Labbe, dit César Latulupe, en personne, qui prend la défense du malheureux Saint-Lundi ; dans une suite de périodes enflammées et corsées des termes du crû, il démontre que l’ouvrier lillois qui fête le Saint-Lundi depuis les temps les plus reculés, n’en est pas moins un brave homme et un actif autant qu’habile artisan, — "Son œuvre, dit-il, est là, dans ces stands que vous voyez, et Dieu sait de quel labeur elle est faite !"

Mais la police n’entend rien à cette péroraison et décide de juger Saint-Lundi ; néanmoins, après bien des discussions, qui donnent une image vivante des scènes de nos cabarets, on décide de reporter le jugement à huitaine.

Et cette scène, où la verve des chansonniers du "Caveau Lillois" s’est affirmée, une fois de plus, s’est déroulée devant les yeux rêveurs des géants Lydéric et Phinaert. Combien en ont-ils vu, sans doute, de ces spectacle coutumiers de nos rues et de nos tavernes, au cours de leur glorieuse existence.

Mais qu’est-ce que Lydéric et Phinaert, demanderont certains de nos lecteurs, peu au courant des choses de notre cité ? Notre collaborateur, V. Brigghe, va nous le dire en quelques lignes : — "Or, dit-il, pour votre gouverne, "oyez" la bonne et vieille complainte que "oncques" ne connaissez plus, et que Desrousseaux publia autrefois :

 


Approchez sans attendre

Venez petits et grands,

Pour ouïr l’histoire de Flandre,

Et le commencement

De la ville de Lille,

Bien bâtie sur sept isles,

Munie de bons remparts.

La chanson historique

Nous fait voir Lydéric

Et l’histoire de Phinaert.

 

Et la chanson guerrière, historique et tragique, nous conte comment le leude Phinaert, qui logeait ès-château du Buque, construit sur l’emplacement de l’église Saint-Maurice, mit à mort, au temps du roi Chloter, le duc de Bourgogne fugitif, Salvaërt.

Or, le pauvre duc défunt était, paraît-il, accompagné de sa femme, laquelle "étoit" sur le point d’être mère.

Au fond de la forêt, la douce et infortunée princesse "s’accoucha par détresse, d’un biau petit garchon", qui fut recueilli par un pauvre ermite, lequel faisait pénitence près de la Fontaine Del-Saulx.

Et le méchant Phinaert s’empara de la jolie duchesse et la tint en prison.

Oui, mais..., vingt ans après, le "biau petit garchon" devenu grand, et baptisé "Lydéric" par le bon ermite, s’en alla chercher justice auprès du roi Chloter, de passage dans le pays de Soissons.

Or, le "biau sire roi Chloter" ordonna qu’il en serait appelé au "jugement de Dieu", et que les deux adversaires se rencontreraient en un combat singulier.

La rencontre eut lieu, près le château du Buque, et, grâce à un faucon qu’il avait merveilleusement dressé, et qui vint "becqueter" les yeux de Phinaert au bon moment, Lydéric sortit vainqueur de la lutte.

Il délivra sa mère, fut nommé grand forestier de Flandre, et, dit la légende :

 


Lydéric fut exact,

Et fort industrieux.

Temps en temps fit abattre

Les bois et peu à peu

De marécages et isles

Il a commencé Lille.

 

Entre nous soit dit, le bon Lydéric eut mieux fait de choisir, pour construire sa ville un endroit un peu moins marécageux !... Mais !... c’est chose faite, et il n’y a pas à y revenir."

 

 

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